mardi 12 mai 2009
mardi 5 mai 2009
lundi 4 mai 2009
Fucking Good Trips
Je ne sais jamais comment commencer, je réécris cent fois la première phrase. Je suis partie et j'ai bien fait. Je me souviens j'avais peur, mais il y a un monde entre ce que j'ai écrit le 1er avril et ce soir. Je croyais me découvrir, je me suis juste rendue compte que je m'étais perdue, que j'avais perdu Moi. Je croyais être seule mais plein de gens m'attendaient, y compris Moi.
Je ne suis pas seule quand je suis seule, j'entends "pas lonely quand alone". J'avais oublié que je suis de bonne compagnie. J'ai vraiment apprécié n'être qu'avec moi même, un peu, j'étais libre. J'ai prévu, j'ai vu, et je suis revenue. Nottingham sentait bon la maison, après avoir lutté contre Google Map pendant deux semaines. Where do you go ? Market Place. De là je peux prendre le 35. J'avais l'impression de marcher sur des coussins d'air, j'étais là, de retour, la grande roue aussi. Je regardais les rues comme Ulysse a du regarder Itaque. J'étais heureuse. Je le suis.
Mon Odyssée compte autant d'épisodes que de destinations, chaque ville avait son ambiance, ses rencontres, chacune a sa couleur et son atmosphère dans mon esprit, sa musique aussi. Bristol a été la plus belle surprise, je ne m'attandais à rien et j'y ai trouvé beaucoup. A Bath j'ai écouté un Américain me raconter qu'il voulait croire en quelque chose. A Winchester, puis à Swanmore, j'ai compris que je pouvais avoir tort en disant que les gens ne s'attachent pas à moi. J'ai aimé les nuits de Portsmouth et de Southampton. J'ai voulu emmerder la face du monde à Brighton, j'avais fui et c'est là-bas qu'on m'a rattrappée. J'ai trouvé la force d'aller à Douvres, pour voir les falaises que le fog m'a caché. J'ai été émue par Canterbury, j'ai eu envie d'avoir la foi, un jour peut être. J'ai déambulé dans Cheltenham sans en trouver l'âme. J'ai vu une pièce de théâtre et un steeple, je l'ai partagé avec une Hollandaise qui allait jusqu'en Irlande à vélo. J'ai visité un manoir dont le propriétaire est resté un enfant. Et surtout j'ai admiré les Costwolds encore sauvages depuis le haut d'une colline, à cheval dans le vent des hauteurs.
Je l'ai voulu et je l'ai fait. J'ai l'impression d'avoir une lumière à l'intérieur de moi. Je voulais absolument voir les falaises de Douvres, uniquement les falaises, je voulais qu'elles me réjouissent après le coup de Brighton. Mais le brouillard était trop épais. Malgré tout j'ai décidé de profiter de cette journée, alors je me suis perdue dans un dédale d'escaliers exprès, j'ai vu le château et le plus vieux bâteau du monde, et l'intérieur de la ville que j'ai trouvé joli. Et après ça seulement, après être montée dans le bus, alors que je sentais que je regretterais à jamais de ne pas avoir vu les falaises, le soleil s'est levé et elles étaient là, blanches et magnifiques, le long de la route vers Canterbury. J'aime transformer cette histoire en métaphore.
Surtout, j'aime me rappeler de cet instant précis, à Cheltenham, en chemin vers la gare pour prendre le train vers Nottingham, traversant le petit carrefour mes énormes sacs sur les épaules, cet instant où j'étais légère et libre, deux semaines de voyage derrière moi, cet instant où je me suis dit que c'était drôle de trouver la paix dans une ville aussi vide et triste. C'est donc qu'elle vient de moi, la paix. J'ai même souri je crois.
Alors oui, bien sûr, je me trouve très moche en ce moment, je déteste l'idée d'entrer bientôt dans ma vingtéunième année sans amour, encore, mais j'ai réussi à sortir de terre cette force que j'avais oubliée, et qui me fait dire "et alors ?". Tant pis, on avance, on prend un nouveau train vers une nouvelle étape. Le printemps est superbe cette année, je m'en souviendrai toute ma vie. J'ai rarement autant ri, autour d'un thé à Rutland, ou avec Agathe, en imitant mon prof de théâtre. Je vais à Paris la semaine prochaine. Je dois écrire un essai sur Death Proof. La vie peut être cool quand on veut.
mercredi 1 avril 2009
Bad Trip
Quand je vois à quelle vitesse j'ai repris les vieilles ( et mauvaises ) habitudes de la maison, je me demande quelle influence Nottingham a eu sur moi, et si cela sera durable. Je m'inquiète. J'ai tellement entendu dire que c'est une expérience qui marque à vie que je m'attendais à un changement radical. Je m'attendais à être libérée. Et bien non, en fait. Au final je suis encore plus frustrée de constater que même à l'étranger, même en bouleversant mon cadre de vie, je retombe toujours dans les mêmes schémas. Je ne rencontre que des filles, je n'arrive pas à être proche des gens, je ne suis pas présente dans les conversations, j'ai de sérieux problèmes avec les mecs, je fais bonne impression la première fois avant de me ridiculiser, je pense toujours que les gens ne m'aiment pas. Où que j'aille ça me poursuit, ici ou à l'autre bout du monde. C'est moi le problème, et malheureusement je me traine partout où je vais. J'attends un déclic qui peut-être ne viendra jamais.
Dans Les désarrois de l'élève Törless, le film, l'un des personnages décrit les années d'éducation comme une salle d'attente. Je ne veux pas passer ma vie entre ces quatres murs là. Et pourtant, si je ne fais rien, c'est bien parti pour. Souvent on prend la timidité trop à la légère. Les gens qui ne le sont pas ne peuvent pas imaginer la souffrance que c'est, de voir son propre psychisme poser des barrières contre sa volonté, de vouloir faire quelque chose, d'essayer, mais de ne pas pouvoir.
Il faut guérir le mal par le mal. Puisque j'avais le vertige, un peu, j'ai accepté de sauter du haut de ce rocher de 6m et de plonger dans l'eau, en Espagne. Depuis j'en fais des cauchemar la nuit et j'ai un vertige maladif. A force d'aller vers les autres, de tout le temps me forcer à parler, je me recroqueville toujours plus au fond de moi.
Et au fin fond de ma solitude, j'attends. Mais ça n'arrive pas.
Dans Les désarrois de l'élève Törless, le film, l'un des personnages décrit les années d'éducation comme une salle d'attente. Je ne veux pas passer ma vie entre ces quatres murs là. Et pourtant, si je ne fais rien, c'est bien parti pour. Souvent on prend la timidité trop à la légère. Les gens qui ne le sont pas ne peuvent pas imaginer la souffrance que c'est, de voir son propre psychisme poser des barrières contre sa volonté, de vouloir faire quelque chose, d'essayer, mais de ne pas pouvoir.
Il faut guérir le mal par le mal. Puisque j'avais le vertige, un peu, j'ai accepté de sauter du haut de ce rocher de 6m et de plonger dans l'eau, en Espagne. Depuis j'en fais des cauchemar la nuit et j'ai un vertige maladif. A force d'aller vers les autres, de tout le temps me forcer à parler, je me recroqueville toujours plus au fond de moi.
Et au fin fond de ma solitude, j'attends. Mais ça n'arrive pas.
lundi 30 mars 2009
Spring is the mischief in me
Je voulais écrire des tas de choses sur mon blog, je me souviens dans le bus entre Nottingham et Birmingham j'écrivais mentalement des billets qui n'existeront jamais.
Ca fait une semaine que je suis rentrée et je ne sais plus très bien comment je l'ai passée. J'ai l'impression de vivre hors du temps, d'être allée à la piscine il y a des années, qu'il ne s'est rien passé aujourd'hui entre mon réveil et maintenant. Je regarde Last tango in Paris sur Fr3 et je ne comprends rien. J'ouvre les yeux à neuf heures tous les matins et je suis exténuée à 22h, je ne suis pas habituée, je suis perdue, je fais plus de choses physiquement que mentalement, je n'existe pas.
Je planifie un voyage que je n'arrive pas à réaliser, encore moins à projeter. Je ne sais pas ce que je vais voir, je vais sans doute avoir peur. J'ai besoin de me perdre, toute seule. La vraie question est est-ce que je serai là-bas ? Avant j'étais en compagnie avec moi-même, mais aujourd'hui je suis seule, toujours. C'est l'épreuve du vide, moi qui ai le vertige.
La vie à la maison n'est plus la même. C'est peut être moi qui ne suis plus la même. En si peu de temps ? C'est possible. Je ne peux plus vivre sans vie autour de moi, sans bruits, sans mouvements, sans extérieur qui me sort de moi. Mon intérieur est fatigué, sans distraction il revient toujours sur cette place pour constater à quel point il est seul et le sera encore longtemps.
Je n'arrive plus à me voir accompagnée, les images se perdent. Je suis triste quand j'y pense. Ma vie est en suspens, dans un autre espace, ce que je vis là-bas est une parenthèse, mon retour à la maison une parenthèse dans la parenthèse. Mon procrastinisme se change en digression. Ca me rappelle mes rêves où je fais des détours, des détours, où je me perds dans un dédale de rues, ces rêves frustrants où mes jambes se traînent, où je n'arrive plus à avancer, avant de me réveiller sans jamais avoir atteint mon but. Je ne sais plus exactement où je vais, je voyage sans carte et sans projet, seulement arriver dans une ville et voir ce qu'il se passe. Le problème, c'est s'il ne se passe rien.
Une semaine a placé des années lumière entre Nottingham et moi. Je n'arrive pas à croire que je vais y retourner. Je me surprends à ne pas en avoir envie, l'immobilité m'empoisonne. Je ne devrais plus vivre ici, ce village que je déteste m'engloutit et m'englue à lui. C'est trop facile le confort. Il m'a fait oublier la voix de mes amis de Rutland, les bruits du couloir, seul le rire de Louise au téléphone persiste. Full of life.
Je suis revenue et des choses fondamentales ont changé. Le mur de l'autre côté de la petite route, chez mes grands-parents, est tombé. Je l'ai regardé pencher de plus en plus, soutenu par la vigne qui l'a fait vaciller, j'ai vu sa peinture rouge s'écailler, devenir vieux rose, comme la vigne en automne. Je vieillis, sur les photos de mon enfance, désormais, le paysage sera différent de celui qu'on peut avoir sous les yeux au présent. A la place, il y a trois rangées de mottes en béton, et des poteaux en ferraille qui supportent un grillage effroyable. Ca m'a fait penser au poème de Frost, Mending Wall. Il n'y a pas que le mur qui s'effrite. Les gens aussi. Qu'un mur soit remplacé n'est rien à côté des maisons qui se vident.
Sans l'écrit je ne me rends compte de rien.
lundi 16 mars 2009
Je suis incroyablement superficielle
Louise : Do you want to go to Oceana tonight ?
Moi : Well er... I have that fucking essay to write... I don't know...
Louise : It's the last monday of the term...
Moi : Yes I know... Errrr.... Yes... Yes I'll go. Anyway, I have this new skirt to wear.
Moi : Well er... I have that fucking essay to write... I don't know...
Louise : It's the last monday of the term...
Moi : Yes I know... Errrr.... Yes... Yes I'll go. Anyway, I have this new skirt to wear.
samedi 14 mars 2009
Aujourd'hui..
... je me suis affalée sur mon lit après avoir pris ma douche, pour laisser sécher mes cheveux au soleil qui tombe pile comme il faut dans ma chambre, et j'ai lu un essai sur Faulkner en écoutant les gars jouer au foot dans la cour. Je ne saurais pas l'expliquer, mais c'était l'été. Surtout quand je me suis rappelée que j'avais une free lollipop dans mon sac, qu'un gars en campagne m'avait filé pour que je vote pour lui.
Il me tarde juillet, n'avoir rien d'autre à faire que de me sortir du lit pour aller finir ma nuit dans le jardin, en attendant que Mamie me fasse des crèpes et une salade de fruit. Ca me fait penser que je n'ai pas eu un vrai été depuis mes 16 ans à cause de jobs de merde. Cet été je bosse pas. Cet été je profite, je lis sur un plaid dans le pré des chevaux, je vais à la piscine, je fauche et je me fais des ampoules au pouce, je vais faire un tour en Suisse et je me cherche un nouvel apart. Ah rien que d'y penser il fait soleil !
jeudi 12 mars 2009
Pas de nouvelles, bonnes nouvelles !
Le problème, c'est que je ne peux pas tenir mon journal ( rayé, Jonh Lewis, trop cool ) et mettre à jour mon blog, parce que j'ai horreur d'avoir l'impression de me répéter. Même si au final je tourne en boucle en me traînant les mêmes névroses depuis mes quatorze ans. Ca me rappelle en passant que je fais bientôt vingt-et-un, et que ça me fait flipper d'entrer encore plus profondément dans la vingtaine. On peut plus reculer là. Et merde.
Finalement on s'habitue à entendre parler anglais tout le temps, à lire que de l'anglais... L'autre jour j'ai été au cinéma et je n'ai vraiment pris conscience que le film n'était pas en français qu'au bout d'un quart d'heure, quand j'ai zappé une réplique à cause du vocabulaire politique. Ah oui c'est vrai, ils parlent pas ma langue en fait.
Je n'ai pas vraiment envie de rentrer. Et puis si. Je ne sais pas. Je crois que je n'ai pas envie de faire une parenthèse au milieu de ce que je vis en ce moment. Il y a trop de choses à voir et à faire pour aller se paralyser deux semaines à la maison, deux semaines perdues à ne rien faire, à voir encore et encore ce que je connais par coeur. Je n'aime pas être figée, je veux me sentir avancer, comme ici, même quand je ne fais rien.
Je suis un peu triste parfois, je n'ai envie d'expliquer ça nulle part pourtant, parce que je n'ai pas envie de me souvenir de ça. Jeudi dernier, je suis sortie de la bibliothèque vers cinq heures de l'après midi, et arrivée en haut de la colline au dessus des Downs, j'ai eu un temps d'arrêt devant la beauté, pourtant toute simple, de ce que j'avais sous les yeux. La lumière était parfaite, l'ombre des arbres et la couleur de l'herbe, la sensation de la terre grasse qui s'enfonce légèrement sous mes pieds, comme quand on marche sur une couette qui traîne sur le sol, mais surtout la lumière orangée dans les bouleaux, et "I'll be your mirror" se lançant au hasard sur mon iPod. Le hasard qui a très bien fait les choses.
C'est ce genre d'instant, de détail, qu'il faut garder en mémoire, ces insignifiances qui résument à elles seules l'atmosphère, l'ambiance d'une époque. Je retourne ce paysage en boucle pour qu'il se grave sur mes yeux, pour qu'il puisse se superposer comme un filtre devant ce qui est laid. C'est ce dont je veux me souvenir de Nottingham. Les Downs au son des Velvet Underground.
jeudi 26 février 2009
Kramer summed up his position
" Art must be defended and pursued and relished not for any political program it might be thought to serve but for what it is, in and of itself, as a mode of knowledge, as a source of spriritual and intellectual enlightenment, as a special form of pleasure and moral elevation, and as a spur to the highest reaches of human aspiration. The defense of art must be not be looked upon a luxury of civilization - to be indulged in and supported when all else is serene and unchallenged - but as the very essence of our civilization."
lundi 23 février 2009
Baby You're Too Muuuch
Je me suis réjouie beaucoup trop vite à la vue des choux de Bruxelles hier soir. J'adore les choux de Bruxelles. Mais j'avais oublié qu'on est en Angleterre. J'ai cru mourir quand j'en ai croqué un. Yuck !
Je me demande si je ne suis pas un peu trop enthousiaste parfois. Je n'ai pas l'habitude de l'être il faut dire. Ca me donne l'impression d'être futile, de ne pas mesurer avec justesse le poids des événements, le poids de la gravité de ce monde. Je ne sais pas si ma légèreté me sert à me voiler la face ou si elle persiste miraculeusement malgré la consicence que j'ai de l'état des choses. Je ne sais pas si je suis incroyablement superficielle ou philosophe. Le verre est-il devenu à moitié plein ?
Trop de bouleversement dans ma tête... Si un jour on m'avait dit que je deviendrai positive ! Non pas optimiste, car comme dirait l'autre les optimistes sont des pessimistes qui n'ont pas toutes les informations, mais positive. L'image du positif est associée à la bêtise dans mon esprit. Les gens profonds sont forcément graves. Mais à bien y réfléchir, c'est sans doute une erreur. Au final, je n'ai jamais lu de livre aussi instructif que les Souffrances du Jeune Werther.
"Je jouirai du présent et le passé, tel qu'un vain songe, sortira de ma mémoire. Oui mon ami tu as raison, l'homme serait moins malheureux si, au lieu de s'appliquer sans cesse à rappeler de douloureux souvenirs, il se laissait aller avec indifférence au cours de la vie. [...] Un esprit léger supporte tout"
Je me demande si je ne suis pas un peu trop enthousiaste parfois. Je n'ai pas l'habitude de l'être il faut dire. Ca me donne l'impression d'être futile, de ne pas mesurer avec justesse le poids des événements, le poids de la gravité de ce monde. Je ne sais pas si ma légèreté me sert à me voiler la face ou si elle persiste miraculeusement malgré la consicence que j'ai de l'état des choses. Je ne sais pas si je suis incroyablement superficielle ou philosophe. Le verre est-il devenu à moitié plein ?
Trop de bouleversement dans ma tête... Si un jour on m'avait dit que je deviendrai positive ! Non pas optimiste, car comme dirait l'autre les optimistes sont des pessimistes qui n'ont pas toutes les informations, mais positive. L'image du positif est associée à la bêtise dans mon esprit. Les gens profonds sont forcément graves. Mais à bien y réfléchir, c'est sans doute une erreur. Au final, je n'ai jamais lu de livre aussi instructif que les Souffrances du Jeune Werther.
"Je jouirai du présent et le passé, tel qu'un vain songe, sortira de ma mémoire. Oui mon ami tu as raison, l'homme serait moins malheureux si, au lieu de s'appliquer sans cesse à rappeler de douloureux souvenirs, il se laissait aller avec indifférence au cours de la vie. [...] Un esprit léger supporte tout"
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